Jeudi 28 juin 2007

Et voilà, j’ai contrevenu à la règle que je m’étais fixée de poster une fois par semaine. Comme d’habitude en arrivant au mois de juin, j’ai un petit passage à vide. J’aurai l’atelier à partir de ce dimanche, et j’essaie un peu de réfléchir à ce que je vais y réaliser – j’aimerais bien ne pas m’enfermer complètement dans mes marcheurs et dans mes foules. 

En attendant, je fais un peu n’importe quoi, à partir de taches d’encre et de peinture je bidouille des trucs à l’ordinateur pour essayer de trouver des compositions.  

Et puis bon, voilà : un crépuscule sur une calanque. J’aurais dû m’y attendre, avec le mois d’août qui approche. Bon, puisque j’ai commis ça je le mets ici, hein, je ne vous cache rien:

 

Ici, une ambiance plus froide (ça pourrait faire un projet d’illustration pour Night Ocean d’HP Lovecraft…)

 

 

Là, encore une ambiance crépusculaire.

 

 

 

Et puis un zombie dans un couloir :

 

 

On fait ce qu’on peut. Déjà, que j’aie réussi à m’y remettre tout de suite après avoir rendu un mémoire « FLE et ingénierie de formation », c’est un vrai miracle.

par Gilles F. publié dans : Brimborions
Mardi 19 juin 2007

 

 

 

 

 

Il y a quelque temps, devant la grille d’une rue privée qui se trouve à côté de chez moi, je suis tombé sur un énorme tas de trucs jetés là (vidage de grenier ? déménagement ?). Il y avait des vieux romans de l’entre-deux guerres illisibles (La mort du tigre, En écoutant le maréchal Foch…), des tas de bouquins universitaires, deux vieux films d’horreur italiens portant des étiquettes « archives vidéo de TF1 », et au milieu, le trésor : une collection d’à peu près quarante Connaissance des arts des années 90.

 

Dans l’une de ces revues (n°488, 1992), il y a un article sur un peintre que je ne connaissais pas, Sam Szafran. L’artiste, encore vivant d’après ce que j’ai pu trouver comme renseignements (biographie), ne s’est jamais vu attribuer une place de premier plan, un peu parce qu’il a tourné le dos à la mode, un peu parce qu’il s’en foutait, semble-t-il. Une quinzaine de tableaux, c’est tout ce que j’ai pu voir entre les photos du magazine et ce qu’on trouve sur Internet. Surtout des escaliers : ce sont ses chefs d’œuvres, d’après l’article. Ça et les plantes vertes, et puis c’est presque tout.

Que des murs ou des plafonds sur les bords du tableau. Le mouvement spiralé de l’espace le ferme sur lui-même. Le haut et le bas de l’escalier semblent deux trous d’écoulement, plutôt que des points de fuite. Comme souvent dans les peintures d’escaliers en colimaçon, les virages qui, en haut et en bas, dérobent à notre vue la suite de l’escalier accentuent et dramatisent les limites de la perception. L’espace courbe emprisonnant le regard, les rampes qui traversent l’espace d’une façon organique, serpentine, on trouve cela chez un autre peintre de la même période, Francis Bacon (pour la couleur on pense aussi au "Nu descendant un escalier" de Duchamp):

 

 

 La fenêtre, quant à elle, paraît bien bouchée, au point que la lumière crue qu’elle jette au mur, d’avantage qu'elle, semble une ouverture. Je me risquerais bien à une interprétation un peu hasardeuse : cet escalier me semble évoquer le mouvement du désir entre le temps perdu (le bout de l’escalier d’où l’on vient), l’avenir (du côté opposé), et cette fenêtre accueillante et dangereuse, avec son double lumineux (qui signifie... merde, j'arrête là mon délire). L’espace présent, ces marches qui s’étirent, nous apparait alors démesurément vide.

 Voilà. J’ai fait mon petit numéro de critique du samedi. C’était surtout pour vous faire partager mon émerveillement.

 

Mercredi 13 juin 2007

 

    On me prête pour l’été un atelier à Issy-les-Moulineaux.

 

 


 

 

     Dans un endroit très agréable : les Arches du viaduc du RER C, sous lesquelles ont été aménagés des modules habitables. Trois occupants par arche, dont beaucoup d’artistes coréens, de l’association Sonamu. Je vais pouvoir m’en donner à cœur joie, sans empuantir mon appartement avec la térébenthine. Des heures de patouille en perspective !

 

 


par Gilles F. publié dans : Atelier 07
Lundi 11 juin 2007

Pour beaucoup de gens, ça a commencé par des gribouillis dans les marges des cahiers, à l’école. On griffonnait, on faisait des petites têtes pour s’occuper, ça se savait tôt ou tard, et votre entourage commençait à vous prêter des ambitions de dessinateur.  

 


 

 

 

 


 

« Qui c’est ? Qui c’est ? » Demandaient le voisin de table, la prof d’allemand, l’oncle Christian… On était bien embêté, d’abord tout content d’avoir fait surgir, comme ça, une tête singulière à partir de rien semblait-il, on était sommé de dire où l’on avait pris le modèle.

 


 


 

Quinze ans, vingt ans après, on y est encore. La tête demeure le motif zéro du dessin, ce qu’on fait automatiquement quand on n’a pas d’ « idée » (enfin, pour moi c’est comme ça, en tout cas…). Et la vieille question retombe parfois, énervante : « qui c’est ? ». Bon, entre temps on a essayé de faire des trucs qui représentent « quelqu’un » : portrait d’après nature, copies de dessins ou de photos… Mais des fois, on s’aperçoit que la ressemblance n’est pas son fort et puis on se dit que décidément on aime bien faire des « têtes », pas des portraits.


 

 

 

 


 

Les visages burinés, les rides et les chairs détendues, le relief que donne la vieillesse, ça motive souvent les dessinateurs de têtes. C’est plus marquant que les traits d’enfants, et puis c’est impressionnant ça vous place d’emblée dans l’esthétique du sublime (ou le grotesque parfois involontaire) à peu de frais. Vive les têtes pointues !


 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

       Bien sûr, il y en a qui font les deux à la fois. Qui brossent un portrait ressemblant avec la même légèreté qu’on griffonne une « tête ». N’est pas Giacometti qui veut… Pour beaucoup, c’est l’un ou l’autre. 

 

L’oncle Christian voit une belle « tête » au mur et réclame son portrait. Après, il est tout surpris de ressembler à une pomme de terre…

 

 

Dimanche 3 juin 2007


 

Il y a quand même des choses que je n’aurai pas pu faire pendant mon séjour en Corée : je voulais me procurer un livre d’un illustrateur et dessinateur de manhwa (BD) dont j’avais vu des travaux ici et là sur Internet.

 



 

Cette personne signe Iwan et réalise des images oniriques à la Escher ou Topor (pour prendre des exemples européens), le plus souvent aux crayons de couleur ou tout simplement à la mine de plomb.

 



 

Un graphisme très sensible qui change des décalques de Dragon ball malhabiles auxquels j’identifiais jusque là la bande dessinée coréenne, ignorant que j’étais.

 

 

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