Jeudi 31 mai 2007

Ma femme et moi on est retournés à la préfecture d'Antony (mon amie), pour la troisième fois depuis l'expiration de son titre de séjour précédent et oh, stupeur... La carte était enfin prête. On s'est levés à quatre heures, on a attendu deux heures et demie devant la porte, comme d'habitude mais pas pour rien, c’est vraiment l’essentiel.

 

Tranquilles pour un an. Le feuilleton recommence en avril 2008. D'ici là j'espère que nous aurons déménagé pour Paris intra-muros (où les démarches sont plus aisées). Je pense qu’avant longtemps nous n’aurons plus autant d’emmerdes que pendant la période électorale écoulée. Encore merci aux personnes qui  avaient laissé des petits commentaires de soutien sous le message relatant nos déboires de février.

Vendredi 25 mai 2007

 

 

Pourquoi en ce moment, je ne sais pas, je me suis souvenu d’un truc vécu en 1997… Mon bac en poche, je m’étais inscrit dans une école « européenne » et provinciale des beaux-arts. Une des premières choses que l’on a faites au début de l’année a été de nous conduire au Fond Régional d’Art Contemporain, et nous nous sommes retrouvés dans une salle d’expo face à une photo d’arbre exposée à l’envers. « Alors, à quoi cet artiste veut-il nous faire réfléchir ? Il veut nous rappeler qu’il n’y a ni haut ni bas dans l’univers, et que c’est par convention que nous regardons les arbres à l’endroit. », commentait, en substance, la prof de photo (enfin c’étaient des délires du genre, je ne me rappelle plus exactement).

 

 

Si j’avais eu un peu de présence d’esprit, j’aurais pu dire que l’arbre était peut-être aussi un peu soumis aux conventions de la pesanteur, mais je n’avais pas envie de moufter, trop content de ne plus entendre parler de ces prépas scientifiques où l’on m’avait promis que jamais je n’entrerais, tout en faisant d’elles l’aboutissement d’une vie de lycéen.

 

 

Cette école plus magique que celle d’Harry Potter, je l’ai finalement quittée en cours de route, ma fantaisie ayant montré ses limites. Adieu, pays merveilleux de Marcel Duchamp, des Nietzschéens de jardin et des arbres qui poussent la tête en bas. Je me suis ensuite dirigé vers une fac de lettres (de nos jours, il faut cumuler les handicaps professionnels si l’on veut être sûr de ne pas se retrouver dans un bureau, entre des murs de verre métaphysiques, à jargonner en compagnie de chevaliers de la table carrée autour d’une bouteille d’eau minérale non gazeuse).

 

 

Je vois bien que cette connerie colorée que nous cultivions à l’époque est aujourd’hui en passe d’être balayée une nouvelle rationalité, moins scientifique que populiste. Je ne sais pas quelle leçon tirer de cette minable aventure ambiguë

 

Dimanche 20 mai 2007

Me voilà de retour en France-qui-se-lève-tôt-pour-travailler-plus-pour-gagner-plus. J’espère que j’aurai toujours du temps à consacrer à mes activités de peintre du samedi. À ce propos, vous aurez peut-être remarqué une relative absence de dessins pendant ce séjour d’un mois en Asie. C’est que j’ai un peu perdu l’habitude du croquis sur le vif. J’avais bien emporté un carnet mais il est resté totalement vide. Il faut dire que le mouvement et l’encombrement de Séoul découragent un peu ce genre de tentative. D’ailleurs, à part au palais royal de Gyeongbok, une fois, je n’ai jamais vu un dessinateur posté dans une rue pour faire du croquis. La capitale coréenne me semble être un endroit qui s’explore et se parcourt, plutôt qu’une mine de paysages.

 

 

Enfin, trêve de bavardages pour justifier ma flemme.

 

 

Comme je disais, j’ai perdu l’habitude du dessin sur le vif, et maintenant que je suis rentré, je vais pouvoir me remettre à classer mes petits piétons dans mes petits cadres :

 

J’ai réagencé les colonnes pour gagner de la place, ce qui me permettra d’afficher des images plus grandes (j’aurais dû y penser avant). Les anciens articles s’en trouvent par contre un peu chamboulés, tant pis.

 

 

        À bientôt donc, pour de GRANDS projets.

 

 

Lundi 14 mai 2007

Quelques impressions en vrac après un premier contact avec ce pays sur lequel ma culture générale est très mince :

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout d’abord, Tokyo. Me référant à la carte postale virtuelle que tout européen porte en soi sur cette ville, je m’attendais à quelque chose de très agité et de très déjanté, Séoul en pire pour l’urbanisme et la circulation. Je dois dire que j’ai été complètement détrompé de ce côté-là : Tokyo m’a au contraire semblé plus agréable à parcourir que la plupart des capitales que j’ai visitées, y compris en Europe. Bon, bien sûr il y a le système de métro, avec un plan plus mystérieux que les kipus incas – c’est un fait. Mais en dehors de cela, on est frappé par l’aspect calme et tranquille de la plupart des rues, finalement peu encombrées par la circulation.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ce que j’y connais, Tokyo m’a semblé la capitale la plus « européenne » d’Asie en ce qui concerne l’aménagement des quartiers et la conception du paysage urbain. La maison individuelle y reste très présente, comme on peut le voir sur cette photo d’un quartier résidentiel peu distant de Shinjuku (ci-dessus). Des petites maisons tranquilles, des rues désertes où l’on peut circuler à vélo : pour un peu on se croirait à Vierzon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bon, bien sûr, Tokyo est également très monumental. Le quartier de l’hôtel de ville (ci-dessus), a même un petit côté « Metropolis » de Fritz Lang. Dans tout le centre ville commerçant, il n’y a pas un pâté de maison sans bâtiment d’architecte.

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre aspect qui a fait la renommée et le stereotype des Japonais en Europe, le côté « victimes-de-la-mode-a-chaussettes-en-cuir-Louis-Vuitton ».

 

 

 

 

 

 

 

 

De ce côté-là, si l’on va dans les quartiers branchés on est effectivement servi. Je crois que les Japonais ont mené la logique de la mode jusqu’au bout, au point critique où il n’y a plus de différence entre l’habit et le déguisement. Quand on croise par exemple une poupée Barbie androgyne dans la rue, on ne sait plus trop si l’on a affaire à une « cosplay » qui s’amuse ou à un homosexuel qui revendique son identité. Tout est possible et rien ne surprend plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, c’est bien agréable de se promener dans une foule japonaise. La ville est tellement cosmopolite qu’on n’y fait plus du tout attention aux étrangers.

 

 

 

 

Bon, Kyoto maintenant :

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès qu’on arrive à Kyoto, l’ambiance est plus traditionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

…Photo prise en arrivant à la gare de Kyoto, d’une vieille dame japonaise qui à la revoir, me rappelle une autre image.

 

 

 

 

 

 

 

 

Kyoto est une ville historique préservée avec une méticulosité qui ferait presque passer le château de Windsor pour un site dévasté. Pas le moindre détail pour faire tache dans le tableau.

 

 

 

 

 

 

 

Là, un temple sur pilotis dans la montagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et là, un jardin zen. Mais en fait de dépouillement et de sérénité, voici ce que donne le contrechamp :

 

 

 

 

 

 

 

 

Bref, un pays où tout ce qui s’offre au regard est soigné et méticuleux, des plus petites choses aux plus grandes. Enfin, ça c’est ce qui ressort d’un voyage de cinq jours. Il faudra revenir pour se faire une véritable opinion.

Samedi 5 mai 2007

 

 

 

 

 

Une métropole d'Asie, pour un étranger, c'est un peu le livre de sable de Borges, dont on est sûr de ne jamais revoir deux fois d'affilée la même page. On tente de s'orienter, de prendre des points de repère bien remarquables: peine perdue, on ne les retrouvera pas ensuite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 De petites silhouettes descendent sur la façade d'un immeuble de Kangnam. Pour que Séoul brille, il faut bien sûr une armée de laveurs de carreaux à la mesure des constructions. Si vous cherchez un petit boulot pour payer vos vacances en Corée, voici ce qu'il vous faut.

 

 

 

 

 

 

Détails marquants de l'étendue urbaine : les clochers d'églises dont celles-ci est hérissée. Le nombre en est ahurissant, même dans les pays baltes on n'atteint pas ce niveau. Quelquefois, il s'agit d'édifices de bonne taille, d'autre fois de simples armatures métalliques sur lesquelles une bâche est tendue - des églises évangéliques louent des appartements en ville et posent sur les toits des immeubles ce genre d'ornements en manière d'enseignes. (Sur la photo il s'agit d'une petite église en brique).

 Bien sûr je n'ai pas seulement photographié les toits. Fidèle à ma manie de mitrailler les rues au flash, j'ai pris quelques scènes typiques :

 

 

 

 

 

 

Un tas de gosses, le jour d'une sortie scolaire. On les a habillés de couleurs vives, une par classe pour ne pas les perdre (si cela arrivait on mettrait sans doute un certain temps à les retrouver).

 

 

 

 

 

 

 Près de l'université Ihwa, deux lycéennes en uniforme croisent une vieille dame, elle aussi en uniforme, si l'on peut dire : en Corée, les « ajuma », femmes âgées qui ont achevé d'élever leurs enfants, ont un statut particulier de personnes plus ou moins libérées de leur tâche de mère de famille ; elles peuvent vaquer à leurs occupations, se consacrer à la vie associative ou tout simplement glander en rang d'oignon sur les murets et les bancs comme certains jeunes de la Courneuve ; leur tenue est relativement normalisée : cheveux courts permanentés, vêtements amples, chaussures souples - souvent des baskets, et une visière sur le front s'il y a du soleil.

 

 

 

Eh ben, j'ai été prolixe aujourd'hui. C'est qu'une fois de plus, je n'aurai sans doute pas l'occasion de poster avant quelque temps, car demain je pars au Japon (pour la première fois). Au programme : Tokyo et Kyoto. J'espère qu'il fera beau.

 

 

 

 

 

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