Mardi 20 mars 2007

(Cliquez ici pour voir les premiers articles sur le même thème)

L'intérêt du mouvement, même minimal, pour une telle image est de poser le problème des trajectoires.

Sur une peinture mettant en scène un groupe de personnages, nous avons l'habitude d'analyser d'un simple coup d'oeil qui appartient à qui, qui est indépendant: tiens, ce type est juste à la droite de Napoléon, ça doit être un général... tiens, ces deux figures se recouvrent partiellement, mais leurs regards divergent, il faut les voir séparées... etc.

La photo d'un lieu public fréquenté, c'est déjà autre chose, un objet qui tient de la pierre gravée et de la pierre brute à la fois: nous ne pouvons nous empêcher de lire la disposition des figures, d'y trouver la marque des comportements qui règlent les distances entre personnes proches ou étrangères, mais quand nous avons fini de construire ce beau discours, nous sommes forcés d'admettre que la géométrie du tout tient également du coup de dés.

Une des pistes intéressantes qui s'offrent à la figuration aujourd'hui pourrait être de reprendre à son compte cette ambiguité de la photo de groupe aléatoire. Une succession d'images permet de créer des liens entre éléments du tableau, de les confirmer, ou de les briser selon sa fantaisie. Dans le cas de groupes de personnages, l'appartenance réciproque est incessamment remise en question. Un des effets secondaires de cette pratique est de décrotter un peu la figure humaine de son excès de pathos habituel.  L'image fixe aussi doit pouvoir utiliser de tels procédés. 

par Gilles F. publié dans : Etudes de pas

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